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Cahier des charges, de recette, dossier de spécifications détaillées… avec l’IA, c’est enfin fini !!!

Cahier des charges, de recette, dossier de spécifications détaillées… avec l’IA, c’est enfin fini !!!

J’aurais aimé que ces documents souvent fastidieux à rédiger rejoignent les outils du passé. Pourtant, il est rassurant de constater qu’il faut toujours structurer et piloter ses travaux pour obtenir le résultat escompté. L’IA ne nous dispensera donc pas de produire les supports indispensables pour poser nos réflexions et formaliser nos décisions sur un projet.

J’ai connu un entrepreneur du bâtiment toujours très pressé de boucler ses chantiers sous prétexte que « le temps, c’est de l’argent ». Mais couler une chape, percer un mur ou donner un coup de pelleteuse dans la précipitation dessert souvent le résultat final. Il faut s’accorder sur l’objectif avant de lancer la réalisation.

L’IA a ce biais : elle ne nous sollicite pas - ou très peu - pour s’assurer de répondre au plus près de nos attentes. Elle se contente de nos prompts, va chercher les modèles qui s’approchent le plus des problématiques soulevées, compulse Internet sur des problématiques similaires, et, avec tout ça, elle produit la meilleure réponse à sa portée (“best effort”). Pourquoi — Tout simplement parce qu’elle n’a pas peur : de faire de mauvais choix, d’obtenir un résultat incohérent, de ne pas nous satisfaire pleinement, de devoir assumer les jugements ou les retombées d’un travail bâclé…

D’accord, mais on peut refaire son prompt 100 fois

On pourrait penser que ce n’est pas grave et qu’il suffit de la relancer jusqu’à obtenir satisfaction, profitant de sa rapidité pour économiser un travail préparatoire exigeant.

Pourtant, confier le cadrage et la documentation d’un projet à une démarche d’essais-erreurs se heurte à deux objections majeures :

  • L’IA consomme des ressources et n’est pas infinie. Multiplier les itérations par paresse de définition risque de mener à une pénurie sur des sujets complexes.

L'histoire industrielle l'illustre bien : dans les années 1950, Taiichi Ohno a remplacé chez Toyota le « flux poussé » (surproduction aveugle) par le système Kanban et le flux tiré (produire uniquement ce qui est demandé). Cette approche montre qu'un cadre pensé en amont optimise les rendements et la qualité.

  • L’IA se nourrit de la mémoire collective d'Internet. Si nous ne produisons plus de réflexions inédites, elle risque de générer des travaux redondants et sans valeur ajoutée.

L'histoire en offre un autre parallèle : l'endogamie dynastique des Habsbourg a entraîné une consanguinité extrême qui a fini par fragiliser la lignée. De même, faire tourner l'IA en vase clos appauvrit sa production.

La vraie valeur ajoutée réside dans la formulation des problèmes, les idées pour y répondre et le choix des technologies adaptées. Tout cela se trouve précisément dans les supports de nos projets.

Faut-il écarter l’IA de nos projets ?

L’IA accélère la rédaction de ces documents (textes, schémas, diagrammes), à condition de mener une relecture attentive. Réduire plusieurs jours de formalisation à quelques heures reste une aide sans commune mesure..

En pilotant le développement par la documentation (via des fichiers Markdown intégrant exigences et spécifications), on peut extraire à tout moment des cahiers des charges, de recette ou de spécifications fidèles et adaptés, et dans la langue de son choix.

Le temps gagné peut alors être réinvesti dans des ateliers de conception avec les parties prenantes, ce qui accélère grandement les itérations.

Comme la création de cahiers des charges, de cahiers de recette, de dossiers d'architecture et de spécifications techniques semble incontournable pour réaliser un nouveau projet, les temps de relecture, de concertation, d'arbitrage et les cycles de décision restent des phases incompressibles de temps à passer. Sur cet aspect aussi, l'IA peut apporter une aide précieuse en fabriquant en quelques minutes, et à partir des documentations actualisées, des maquettes variées, interactives et jouables permettant aux différents interlocuteurs de comprendre plus rapidement telle ou telle facette d'une problématique ou les questions soulevées par le projet... des mini-serious games au service du pilotage d'un projet !